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s'avouait pas vaincu. Ah, ces fous de Dieu! Deux mille ans qu'ils attendent le Messie et ils y croient plus que jamais!
Les sourcils froncés, il rapporta son bol vide à la cuisine et gagna à pas lents son bureau lambrissé de chêne. Le fax qui venait d'arriver luisait faiblement sur le plateau. En poussant un soupir, il s'empara de la feuille et l'approcha de ses yeux.
Aussitôt, il fut pris de nausées.
C'était la photo d'un cadavre. On l'avait entièrement dénudé et on lui avait tordu le cou jusqu'à ce que sa tête regarde derrière lui.
Sur la poitrine de la victime une terrible brûlure renforçait l'atrocité de ce meurtre. L'homme avait été marqué au fer rouge, on avait gravé un mot, un seul mot dans sa chair. Un terme que Langdon connaissait bien. Très bien. Ses yeux restaient rivés, incrédules, sur les étranges caractères gothiques:
— Illuminati, balbutia Langdon, le cœur battant à tout rompre. Ce n'est quand même pas...
D'un mouvement lent, appréhendant ce qu'il allait découvrir, il fit pivoter le fax à 180 degrés. Lut le mot à l'envers. Il en eut le souffle coupé — à peu près comme s'il venait de se prendre un coup de poing en pleine poitrine.
Illuminati, répéta-t-il dans un murmure.
Abasourdi, Langdon s'affala dans une chaise. Il resta pétrifié, sous le coup de la commotion qu'il venait de recevoir. Peu à peu, ses yeux furent attirés par le clignotement du voyant rouge sur son fax. Celui qui lui avait envoyé ce fax morbide était au bout du fil. . et attendait de lui parler. Langdon resta longtemps sans bouger, à fixer ce petit clignotant redoutable.
Puis, en tremblant, il décrocha le combiné.
