
-... Si ! lui répond Arthur, j'ai confiance en toi.
- Alors pourquoi tu t'arrêtes ? lui lance la princesse, aussi sûre d'elle que provocante.
Arthur cherche un peu et trouve sa réponse.
Il se redresse doucement, gonfle ses petits poumons et regarde Sélénia droit dans les yeux.
- Je m'arrête... pour pouvoir te dire adieu ! dit-il solennellement.
Même si Sélénia continue à sourire, une lueur de panique se lit dans ses yeux.
Bétamèche, lui, a compris tout de suite.
Le pauvre gamin, trop honnête et trop entier pour jouer au jeu pervers de sa sœur, va commettre l'irréparable.
- Ne fais pas ça, Arthur ! bredouille Bétamèche, trop inquiet pour faire le moindre mouvement vers Arthur.
- ... Adieu ! dit Arthur, plus théâtral que Sarah Bernhardt. Le sourire de Sélénia se décompose, comme un château de cartes trop longtemps resté en équilibre. Ce qui n'était qu'un jeu va tourner au cauchemar.
Arthur fait un grand pas en arrière. Sélénia aussi.
- Non ! s'écrie-t-elle, ébahie. Elle porte ses deux mains au visage, tandis qu'Arthur disparaît, happé par ce gouffre sans fin.
Sélénia hurle de désespoir. Elle s'est retournée pour ne plus voir le gouffre. Ses jambes ne la portent plus et elle tombe à genoux, comme pour une prière malheureusement bien tardive.
Elle est effondrée, le visage noyé dans ses mains, dans ses pleurs. Elle réalise à peine ce qui vient de se passer.
- C'est sûr qu'avec un test pareil tu risques pas de te marier ! lance Bétamèche qui hésite entre colère et désespoir.
Mais pendant que Sélénia pleure toutes les larmes de son corps, les yeux collés au fond des mains, Arthur apparaît en l'air, comme s'il avait rebondi sur quelque chose.
Arthur est dans une position qu'il ne semble pas vraiment contrôler, mais il parvient tout de même à mettre son doigt sur sa bouche pour réclamer le secret à Bétamèche. L'étonnement passé, le petit frère joue le jeu et promet son silence avant qu'Arthur ne disparaisse à nouveau.
