Elle finit de mettre ses gants, ajuste son chapeau et tire violemment la cloche.

« Arthur ?! », hurle-t-elle encore une fois, mais elle n'obtient toujours pas de réponse.

« Où est-il encore passé ? Et le chien ? Disparu lui aussi ?.. Alfred ?! »

La Mamie gronde comme un orage lointain. Elle n'aime pas être en retard.

Elle fait demi-tour et entre à nouveau dans la maison.

L'intérieur est décoré sobrement mais avec goût. Le parquet est bien ciré et la dentelle a envahi tous les meubles, comme le lierre envahit les murs.

Mamie pose ses pieds sur les patins et traverse le salon en grommelant :

« C'est un excellent chien de garde, vous verrez ! Comment ai-je pu me faire avoir aussi bêtement ?! » Elle arrive à l'escalier qui monte aux chambres. « Je me demande bien ce qu'il garde, ce chien-là ! Il n'est jamais à la maison ! Comme Arthur ! Des vrais courants d'air ces deux-là ! », bougonne-t-elle tout en ouvrant la porte d'une chambre. Visiblement, c'est celle d'Arthur. Elle est plutôt bien rangée pour une chambre d'enfant, mais la tâche semble aisée vu qu'il n'y a presque pas de jouets, sauf quelques-uns en bois datant d'une autre époque. « Pensez-vous qu'ils s'inquiètent de voir leur pauvre grand-mère leur courir après toute la journée ?! Rien du tout ! », se plaint-elle, tout en avançant jusqu'au bout du couloir. « Je ne demande pourtant pas grand-chose ! Juste qu'il s'arrête cinq minutes par jour ! Comme tous les enfants de son âge ! », dit-elle en levant les yeux au ciel, mais elle s'arrête d'un seul coup. Une idée a germé. Elle écoute la maison, étrangement silencieuse. La Mamie se met à parler à voix basse. « Cinq minutes de calme... Où il pourrait jouer calmement... dans un coin... sans faire de bruit...», murmure-t-elle en glissant vers le fond du couloir.

Elle s'approche de la dernière porte où l'on peut lire, gravé sur une planche de bois : « Entrée interdite ».



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