Elle ouvre doucement la porte pour surprendre d'éventuels intrus.

Malheureusement, la porte la trahit d'un grincement faible mais sournois.

Mamie grimace, du coup on dirait que le grincement lui sort de la bouche.

Elle passe la tête dans la pièce interdite.


Il s'agit d'un grenier aménagé en vaste bureau, un mélange de joyeuse brocante et d'atelier d'un professeur un peu fou. De part et d'autre du bureau, une large bibliothèque regorgeant de vieux livres reliés en cuir. Au-dessus, une bannière en soie décore la soupente et nous livre une énigme : « Les mots en cachent souvent d'autres », peut-on y lire. Notre savant est donc aussi philosophe.


La Mamie avance doucement au milieu de ce bric à brac, à tendance franchement africaine. Des lances un peu partout semblent avoir poussé du sol comme des bambous. Une superbe collection de masques africains est accrochée au mur. Ils sont magnifiques, sauf... celui qui manque. Un clou est tout seul au milieu du mur.

La Mamie tient là son premier indice. Elle n'a plus qu'à suivre les ronflements qui sont de plus en plus perceptibles.


Mamie avance encore un peu et découvre Arthur, allongé à même le sol, le masque africain sur le visage, ce qui amplifie ses ronflements.

Évidemment, Alfred est allongé à ses côtés et sa queue bat la mesure sur le masque en bois.

La Mamie ne peut s'empêcher de sourire devant cet émouvant tableau.

« Tu pourrais quand même répondre quand je vous appelle ! Ça fait une heure que je vous cherche ! », murmure-t-elle au chien, pour ne pas réveiller Arthur trop brutalement. Alfred fait son mignon.

« Oh, prends pas ton petit air malheureux comme ça ! Tu sais très bien que je ne veux pas que vous veniez dans la chambre de grand-père et que vous touchiez à ses affaires ! », dit-elle avec fermeté, avant d'enlever doucement le masque du visage d'Arthur.



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