
Sa petite tête d'ange polisson apparaît dans la lumière. La Mamie fond comme neige au soleil. C'est vrai que lorsqu'il dort, on en mangerait de ce petit lapin aux taches de rousseur et aux cheveux en bataille. Et puis c'est tellement bon de voir l'innocence qui se repose, de voir un petit bonhomme désarticulé par l'insouciance.
La Mamie soupire de bonheur devant ce petit ange qui remplit sa vie.
Alfred couine un peu, sûrement par jalousie. « Oh toi, ça va ! Je serais à ta place, je me ferais oublier cinq minutes », lui lance-t-elle. Alfred semble comprendre l'avertissement.
La Mamie pose gentiment la main sur le visage de l'enfant. « Arthur ?! », murmure-t-elle gentiment, mais les ronflements s'accentuent. Elle sort sa grosse voix.
« Arthur ?! », tonne-t-elle dans la pièce qui s'en fait l'écho. Le gamin se redresse en sursaut, en désordre, en pleine bataille.
« Au secours ! Une attaque ! À moi mes hommes ! Alfred ?! Formez le cercle ! », balbutie-t-il à moitié endormi. La Mamie l'attrape énergiquement.
« Arthur, calme-toi ! C'est moi ! C'est Mamie ! », lui répète-t-elle à plusieurs reprises. Arthur reprend ses esprits et semble réaliser où il se trouve et surtout face à qui.
- Excuse-moi Mamie... J'étais en Afrique.
- Je vois ça ! répond-elle en souriant... Et tu as fait bon voyage ?
- Formidable ! J'étais avec Grand-père, dans une tribu africaine. Des amis à lui, lance-t-il en aparté.
La Mamie acquiesce et se prête au jeu.
- On était entourés par des dizaines de lions féroces, sortis de nulle part !
- Oh mon Dieu ! Et qu'as-tu fait pour te sortir d'une pareille situation ? s'inquiète (faussement) la Mamie.
- Moi, rien, répond-il modestement. C'est Grand-père qui a tout fait ! Il a déployé la grande toile et on la tendue, au beau milieu du bush !
