
Je pige que ça n’est pas un soporifique qu’elle m’a fait avaler, mais bel et bien un poison. Je suis encore vivant parce qu’il m’a terrassé au bout de deux petites gorgées. Si j’avais gobé la totalité du glass, je serais en train de me faire condenser un nuage par saint Pierre à l’heure où je vous parle.
Comprenant que je dois absolument évacuer cette saleté, si je veux m’en tirer, je me carre deux doigts dans la bouche et je fais ce qu’il faut pour libérer mon estomac de petit polisson.
Je suis un peu délabré après cette séance… Je remonte le col de mon imper et je m’acagnarde dans un coin du mur… Je dois attendre un peu que les forces me reviennent. Je reste un moment dans un état comateux, avec le cœur sur le ralenti. Et puis une pensée me traverse le bol et ça me ranime.
Je songe à mon ami Mathias… Si à onze heures je n’ai pas liquidé l’Albanais ou si je ne l’ai pas averti, il ira au rancard et se fera mettre en l’air !
Je regarde ma montre. Elle marque six heures… L’avion arrive donc dans quatre plombes ! Il faut que je sorte de ce sale trou. La garce m’a traîné là, me croyant à l’agonie… Pour le compte de qui a-t-elle agi ? Qui donc m’a repéré et a voulu se débarrasser de moi ? Voilà un drôle de mystère que je devrai élucider un jour proche…
Laborieusement, je me mets debout. Je fais des embardées plutôt moches contre les murs. Mes cannes tremblotent.
Je gratte une seconde alouf. Ça me permet d’approcher de la porte… Je pousse l’huis d’un coup d’épaule, mais il ne bouge pas. Comme je n’aperçois aucune serrure, j’en conclus que la porte est fermaga de l’extérieur par un méchant verrou !
