
C’est la tuile ! On a raison d’une serrure avec de la persévérance et quelques notions, mais on ne peut rien contre un verrou lorsqu’on se trouve de l’autre côté !
Je suis très accablé. Selon toute vraisemblance, je suis bon pour claquer d’inanition dans cette cave. Car, plus je réfléchis, plus je me dis qu’on a sous-loué cette baraque dans une agence pour m’y conduire et m’y régler mon compte… Lorsqu’on me découvrira dans la cave, je serai sec comme une tranche de jambon de Bayonne et un tantinet bouffé des mites.
Je me perds, non en lamentations, ça n’est pas le genre du gars, mais en conjectures pour comprendre qui a ordonné mon décès anticipé. Est-ce le réseau Mohari ? En ce cas, il faudrait donc admettre que ces messieurs ont été mis au courant de ma mission.
Ça paraît extravagant parce que, seuls, le Vieux et moi savions ce que j’étais venu faire à Berne… S’agit-il d’une autre équipe de malfrats sur le point d’accomplir un coup d’à-l’œil et qui m’a reconnu à ma descente d’avion ? Possible, après tout ! J’ai des tas d’ennemis de par le vaste univers. Ces gnards auraient cru que je radinais pour leur souhaiter leur fête et ils auraient pris les devants ? Oui, ça doit être un truc de ce genre. En attendant, le mec San-A, l’homme qui remplace le sirop d’érable et le grille-toasts électrique, est dans un drôle de piège à rats !
Mon petit lutin portable, celui qui est en somme mon poisson-pilote, me dit de garder mon calme et de faire le tour de la situation. C’est un petit Jules de bon conseil… Je commence par inventorier mes vagues afin de réaliser mon patrimoine (de St Bernardin, dirait un étudiant en médecine). Par veine, la belle blonde désirable me croyant en plein coma a négligé de me faire les poches. J’ai sur moi tout mon matériel de camping, à savoir : mon soufflant, un chargeur de rechange, un stylo, une pochette d’allumettes, un couteau de poche, un trousseau de clés, un mouchoir… Plus mon larfeuille avec mes fafs et le carbure.
