Le choc est soigné ! L’emboutissage fait un bruit qui réveillerait un dortoir de cataleptiques. L’Alfa perdant tout contrôle quitte la route et va percuter un mur, sur la droite. Ma Mercedes, défoncée à l’avant, est immobilisée en travers de la voie.

Le Gros suiffeux et Vlefta sont un peu commotionnés. Ils essaient de se dégager. Des gens accourent. Je dégaine mon pétard de ma poche intérieure et je le braque sur Vlefta. Il a un regard fou. Je presse la gâchette à trois reprises et ses yeux s’éteignent. A côté de lui, le beignet ne bouge plus et vire au vert bouteille. Je chourave prestement la serviette de cuir sur les genoux de Vlefta. Pourquoi ce geste ? Je ne saurais vous le dire exactement. Sans doute pour essayer d’expliquer mon acte aux yeux des zigs du réseau Mohari. Afin qu’ils croient que le vol de la serviette était l’objectif recherché.

J’ai agi avec tant de promptitude que les passants accourus n’ont pas remarqué mon geste homicide. C’est seulement lorsqu’ils me voient mettre le cap sur la seconde voiture qu’ils pigent que ça tourne au vinaigre et qu’il ne s’agit pas d’un accident normal !

J’entends des cris :

— Arrêtez-le !

Je bombe… Un brave facteur s’interpose. Je lui rentre dans le chou bille en tête et il tombe assis sur son sac de courrier.

J’arrive à la chiote. La Porsche se fait tirer le démarreur avant de ronfler. Dans ma hâte, j’ai oublié de mettre le contact. Enfin elle vrombit. Je passe la seconde et file un coup d’accélérateur, les pneus miaulent sur le paveton. La voiture chasse du prose et se rue en avant.

J’ai le traczir, en toute honnêteté.

Une vilaine pétoche du plus beau vert qui fait un nœud à mon intestin grêle.



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