
Tout à ma surprise, j’ai oublié les bourdilles draguant dans le secteur ! A plusieurs reprises, le loquet de ma loggia a remué. Probable qu’un zigoto a besoin du terrain.
Je roule les papiers et les glisse dans ma poche intérieure. Je plie la carte en deux pour l’introduire dans la vague de ma veste… Et je planque le chèque dans mon larfeuille.
A mon avis, Vlefta apportait au réseau Mohari une subvention allouée à la cause par un grossium égyptien. Ce qui serait poil-poil, c’est si je parvenais à sucrer le carbi. Ils en feraient un renifleur, les gars !
Je me hasarde hors des toilettes. Pas fâché d’en sortir, parce que cet endroit a beau posséder la blancheur Persil, il vous déprime un peu.
Devant la lourde, il y a un zig qui attend. Un vieux chnock grisâtre avec des yeux en virgule. Il danse sur place en attendant que je lui restitue la place.
A peine suis-je sorti qu’il s’y catapulte.
J’avance jusqu’à la lourde ornée d’une glace. J’entrouvre celle-ci et, grâce à la glace que je fais jouer, je peux découvrir toute la salle. Les bonshommes Michelin ont disparu…
Un haut-parleur annonce que mon train est en formation sur la voie K. Je m’y dirige et je grimpe dans un wagon de seconde classe. Je lance la serviette vide dans un filet et je me mets à suivre le couloir jusqu’à un wagon de première.
Le train est presque vide. Je choisis un compartiment désert et je me mets tout contre la portière du couloir, le dos vissé à la banquette. Il me suffit de pousser un tantinet le rideau de gros drap masquant la vitre pour me rendre invisible depuis le couloir. Si des matuches « font » le train, il y a quinze chances pour une pour qu’ils se contentent de jeter un simple regard de l’extérieur… Ils ne me verront pas…
J’attends, la gorge serrée dans un étau. Il y a chez un vrai poulet une espèce de métronome qui se met à fonctionner dans son crâne dès que se précise une sensation de péril.
