
Une « armée catholique et royale » se constitue, sedonnant des chefs, tel ce Cathelineau, colporteur, père de cinq enfants, qui s’écrieà la nouvelle que dans les paroisses on s’en est pris aux « patriotes »,aux prêtres assermentés, et qu’on refuse de « livrer » ses jeuneshommes :
« Maintenant il faut aller jusqu’au bout, si nous enrestons là, notre pays va être écrasé par la République. »
On scande : « Vive Dieu ! Vive le roi ! »
On « enjoint aux habitants de Cholet de livrer leursarmes aux commandants de l’armée chrétienne forte de trente mille hommes, promettantdans ce cas seulement d’épargner les personnes et les propriétés », signéStofflet, commandant, Barbotin, aumônier.
Les insurgés, dans le brouillard épais de ces premiers joursde mars, forment des masses noires et compactes, qui ne rencontrent que larésistance de quelques centaines de gardes nationaux, vite massacrés ou mis enfuite.
Et les paysans insurgés tirent les bourgeois républicainshors de leurs domiciles et les massacrent.
On chante une Marseillaise retournée :
Aux armes, Poitevins, formez vos bataillons !
Marchons ! Le sang des Bleus rougira nossillons.
C’est la guerre dans ces départements, la guerre auxfrontières. Les journaux « patriotes » appellent aux armes :
« Debout ! Toujours debout républicains ! Toujoursarmés, c’est le seul moyen de vivre libres ! Soyez fermes, vos ennemisseront vaincus », lit-on dans Le Républicain.
Il faut brandir « le poignard vengeur qui purge lapatrie des monstres qui méditent son esclavage ».
À la tribune de la Convention, Maximilien Robespierre, malgréles interruptions des députés girondins, propose de « changer le systèmeactuel de notre gouvernement ».
Mais il est obligé de se taire sous l’avalanche deprotestations, de cris, d’injures, de moqueries, et c’est le soir, au club desJacobins, qu’il s’exprime :
