On a même accusé Delacroix d’avoir patronné à Liège unefabrique de faux assignats.

Et ce sont ces Montagnards-là, qu’on envoie tenter deconvaincre ou de « garrotter » le général Dumouriez ! Il leursuffit de quelques heures, pour comprendre que le général a choisi.

Il vient d’être battu – le 18 mars – par les troupes deSaxe-Cobourg, à Neerwinden puis à Louvain.

Il abandonne la Belgique, traite avec les Autrichiens, inviteses officiers, ses régiments, à marcher sur Paris, à en finir avec l’anarchie. Ilveut s’opposer aux violences des Enragés : « C’est mon armée que j’emploierai…Plus de la moitié de la France veut un roi. »

Il reste à Danton et à Delacroix à regagner rapidement Paris,à apprendre que Dumouriez est passé à l’ennemi avec son état-major après avoiren vain essayé de convaincre ses troupes de le suivre soit à Paris, soit dansle camp autrichien.

Un jeune colonel, Davout, commandant les bataillons devolontaires de l’Yonne, a fait ouvrir le feu sur Dumouriez, et celui-ci, entouréde dragons autrichiens, entraînant avec lui bon nombre d’officiers, et surtoutLouis-Philippe ci-devant duc de Chartres, n’a trouvé son salut qu’en galopant àbride abattue à travers champs !

À Paris, avant que cette trahison ne soit connue, c’est déjàle temps des suspects.

Les sans-culottes des comités de surveillance exigent descitoyens qu’ils produisent des « certificats de civisme, de garde montée, dequittance d’une fonction, de passeports visés… On a soumis l’entrée et lasortie de Paris à une très grande rigueur à cause de nombreux malveillants quise sont glissés dans la ville et après lesquels on court de tous côtés. Si vousn’êtes pas en règle on vous prend pour un de ceux-là, et vous êtes arrêté commemalveillant, au moins comme suspect. »

On est traduit devant le Tribunal révolutionnaire, condamné leplus souvent. Les juges ne prononcent pas systématiquement la peine de mort. Mais



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