la guillotine est en place. Au mois de mars 1793, on décapite une dizaine decondamnés à mort et les appels des Enragés de Marat à châtier les traîtres semultiplient. La peur s’insinue dans chaque conscience parce qu’on sait que laviolence, la Terreur, apparaissent comme des recours face à une situation deplus en plus difficile. La mort rôde. Il faut vaincre et pour cela tuer oumourir.

Ces jours-là de la fin mars 1793, on apprend que tout l’Ouests’est soulevé. On s’y bat contre l’enrôlement des jeunes hommes, « pour leroi, pour LouisXVII » et « pour la vraie religion attaquée par lesgueux de Paris ».

Aux premiers chefs, Cathelineau, Stofflet, issus du mondedes « petites gens », paysans, artisans, s’ajoutent désormais des « aristocrates »,en fait des hobereaux, comme Bonchamps, Lescure, d’Elbée, Charette, La Rochejaquelein.

Les paroisses se rallient, les petites villes tombent – Châtillon,Bressuire –, la Bretagne et la Normandie fermentent.

D’Elbée et Sapinaud qui commandent la « grande arméecatholique et royale » en appellent à l’Angleterre et à l’Espagne, coaliséescontre la République.

« Depuis un mois, écrivent-ils, nous sommes en état decontre-révolution, nos armées conduites par la Divinité et soutenues par nosvaleureux habitants des campagnes ont déjà conquis le bas Anjou et le Poitou, oùrégnerait la tranquillité si nos villes capitales ne tenaient à un mauditesprit de révolution, que nous serions en état de réduire si nous avions de lapoudre promptement. »

Cette situation lorsqu’elle est connue à Paris angoisse lesdéputés, les patriotes, qui ont le sentiment d’être acculés, pris à la gorge, trahis.

Ils apprennent, avec retard, que le général Dumouriez enpassant à l’ennemi, et comme gage de sa trahison, a livré aux Autrichiens lesquatre commissaires de la Convention qui, accompagnés du général Beurnonville, quifut ministre de la Guerre et son ami, venaient pour lui transmettre laconvocation de la Convention à se présenter à la barre, devant elle. Dumouriezsait qu’il sera mis hors la loi, c’est-à-dire passible d’être aussitôt condamnéà mort et exécuté.



19 из 326