
Les mots tombent comme des couperets : « majoritécorrompue », « ligue qui veut nous vendre à nos tyrans et quiembrasse toute la France ».
Les pétitionnaires en appellent aux Montagnards :
« Montagne de la Convention, c’est à vous que nous nousadressons. Il faut que la France soit anéantie ou que la République triomphe. »
Or, la République, assaillie, est en péril.
Les « Blancs » de la « grande arméecatholique et royale », commandés par d’Elbée, avancent vers Fontenay, dispersentles « Bleus », et même si l’armée échoue à conquérir un port qui luipermettrait de recevoir l’aide de l’Angleterre, elle est une grave menace.
Ces paysans royalistes et catholiques défient la République,humilient les « volontaires », les libèrent après les avoir tondus, gardentcertains d’entre eux en otages. Et n’hésitent pas à fusiller.
Dans le Sud, à Lyon, à Bordeaux, à Marseille, les « modérés »s’organisent, exécutent les sans-culottes radicaux, expulsent les représentantsen mission.
À Rouen, le pain manque, provoquant des émeutes qu’il fautdurement réprimer.
Et même à Paris, aux Champs-Élysées, des promeneurs s’attroupent,crient « Marat à la guillotine ! ».
Les citoyens aisés s’inquiètent pour leurs propriétés, quandils entendent Camille Desmoulins déclarer :
« On vous a parlé de deux classes de citoyens, desmessieurs et des sans-culottes ; prenez la bourse des premiers et armezles autres ! »
Et ces « autres », précisément, réclament etobtiennent la fixation d’un maximum pour les prix des denrées et d’abord du blé.
Dans une adresse à la Convention, l’assemblée générale desmaires et des officiers municipaux de Paris et des communes de la banlieuedéclare :
« Qu’on n’objecte pas le droit de propriété ! Ledroit de propriété ne peut être le droit d’affamer ses concitoyens. Les fruitsde la terre comme l’air appartiennent à tous les hommes… »
Les Girondins s’insurgent, tentent de rassembler lespropriétaires.
