
Pétion, l’ancien maire de Paris, s’adresse aux Parisiens :
« Vos propriétés sont menacées, dit-il, Parisienssortez enfin de votre léthargie et faites rentrer ces insectes vénéneux dansleurs repaires ! »
« Vous êtes des scélérats ! » crie Danton auxdéputés girondins.
« Nous avons des enfants qui vengeront notre mort, luirépond-on. À bas le dictateur ! »
Guadet, avocat à Bordeaux, député à la Législative puis à laConvention, l’un des chefs girondins, interpelle les Montagnards :
« Votre opinion est comme le croassement de quelquescorbeaux… »
« Vil oiseau, tais-toi ! » lui lance Marat.
Violences verbales, propositions si tranchées que plus rienne semble pouvoir rapprocher la Montagne de la Gironde.
« Cet esprit d’opposition dégénère en deux partispermanents, fougueux, haineux, qui se déclarent une guerre à mort, au moment oùla patrie est attaquée au-dehors et déchirée au-dedans, c’est là ce quidésespère les vrais républicains », écrit le libraire Ruault.
Il sent bien que cet affrontement ira jusqu’au bout. LesGirondins le désirent, comme les Montagnards.
« Celui qui n’est pas pour le peuple, celui qui a desculottes dorées est l’ennemi-né de tous les sans-culottes ! ditRobespierre à la tribune des Jacobins. Il n’existe que deux partis, celui deshommes corrompus et celui des hommes vertueux. »
Et à ses yeux, comme à ceux de Camille Desmoulins, lesGirondins sont corrompus, ont choisi de vivre dans l’opulence.
Desmoulins ajoute même dans un pamphlet publié le 19 mai1793, et intitulé Fragment de l’histoire secrète de la Révolution ouHistoire des brissotins, que les Girondins sont au service des agents dePitt, du duc d’Orléans, et de la Prusse.
Brissot serait l’âme de ce complot anglo-prussien.
Il faut donc épurer la Convention de ces reptiles, de cesesclaves, de ces intrigants, de ces tartuffes, de ces brigands, de cescorrompus, et de ce « pauvre Roland, combien le calice du cocuage sembleamer au vieillard ! ».
