
Et le directeur général des Affaires étrangères de Vienne, lebaron von Thugut, ajoute qu’il est « essentiel qu’il y ait des partis enFrance qui se combattent et s’affaiblissent mutuellement »…
Ils existent, et donnent libre cours à leur haine réciproque.
Pourtant Maximilien Robespierre, le 5 février, en appelle àla mesure :
« Ne perdons jamais de vue que nous sommes en spectacleà tous les peuples, que nous délibérons en présence de l’univers. Nous devonsnous tenir en garde contre les écarts même du zèle le plus sincère. »
Mais lui-même, après cet éloge de la mesure, attaque avecviolence les Girondins, et ceux-ci dans le journal de Brissot, Le Patriotefrançais, lui répondent, se moquant de cet « Incorruptible », qu’ilsdécrivent, en quelques vers, arrivant au Paradis :
Suivi de ses dévots
De sa cour entouré
Le Dieu des sans-culottes
Robespierre est entré.
Je vous dénonce tous, cria l’orateur blême
Jésus ! Ce sont des intrigants :
Ils se prodiguent un encens
Qui n’est dû qu’à moi-même.
Maximilien n’oubliera pas ces blessures d’amour-propre, d’autantplus vives qu’elles aggravent les divergences politiques profondes qui séparentMontagnards, Girondins et Enragés.
Robespierre s’oppose à Brissot, à Roland, à Buzot, cetavocat d’Évreux élu par le tiers état et qui fut proche de Robespierre au tempsdes États généraux. Mais que 1789 paraît loin ! Buzot est tombé sous lecharme de Manon Roland.
Lors du procès de Louis XVI, il a voté pour l’appel au
