
(Entrent don Pèdre, Héro et Léonato.)
DON PÈDRE. – Ah! signor, où trouverai-je le comte? L’avez-vous vu?
BÉNÉDICK. – Ma foi, seigneur, je viens de jouer le rôle de dame Renommée. J’ai trouvé ici le comte, aussi mélancolique qu’une cabane dans une garenne
DON PÈDRE. – D’être fouetté! Et quelle est sa faute?
BÉNÉDICK. – La sottise d’un écolier qui, dans sa joie d’avoir trouvé un nid d’oiseau, le montre à son camarade, et celui-ci le vole.
DON PÈDRE. – Traiterez-vous de faute une marque de confiance? La faute est au voleur.
BÉNÉDICK. – Et cependant il n’eût pas été mal à propos qu’on eut préparé et les verges et la guirlande. Le comte aurait pu porter la guirlande, et il aurait pu donner les verges à Votre Altesse qui, à ce que je crois, lui a volé son nid d’oiseaux.
DON PÈDRE. – Je ne veux que leur apprendre à chanter, et les rendre ensuite à leur légitime maître.
BÉNÉDICK. – Si leur chant s’accorde avec votre langage, vous parlez en honnête homme.
DON PÈDRE. – La signora Béatrice vous prépare une querelle. Le cavalier qui dansait avec elle lui a dit que vous lui faisiez beaucoup de tort.
BÉNÉDICK. – Oh! elle m’a maltraité à faire perdre patience à un bloc! Un chêne, n’ayant plus qu’une feuille verte, lui aurait répondu. Mon masque même commençait à prendre vie et à la quereller.
