
(Rentrent Claudio et Béatrice.)
DON PÈDRE. – Regardez, la voici qui vient.
BÉNÉDICK. – Voulez-vous m’envoyer au bout du monde pour votre service? Je vais à l’instant aux antipodes sous le plus léger prétexte que vous puissiez inventer. Je cours vous chercher un cure-dent aux dernières limites de l’Asie, prendre la mesure du pied du Prêtre-Jean
DON PÈDRE. – Nul autre que de tenir à votre bonne compagnie.
BÉNÉDICK. – Ô Dieu! seigneur, vous avez céans un mets qui n’est pas de mon goût; je ne puis souffrir madame Caquet.
(Il sort.)
DON PÈDRE. – Je vous apprends, madame, que vous avez perdu le cœur du seigneur Bénédick.
BÉATRICE. – Il est vrai, prince, qu’il me l’a prêté jadis un moment, et je lui en donnai l’intérêt, un cœur double pour un cœur simple. Il m’a regagné son cœur avec des dés pipés. Ainsi Votre Altesse fait bien de dire que je l’ai perdu.
DON PÈDRE. – Vous l’avez mis par terre, madame, vous l’avez mis par terre.
