
« Il me répond merci, comme quoi je suis de bon conseil, et le voilà parti. Là-dessus, tu me connais, je me pique un roupillon… Je sais pas combien de temps dure ma ronflette, dans tous les cas, c'est le casse-noisette'man qui me réveille. « Billet ! » qu'il s'égosille. Je me frotte les vasistas, je me fouille. Et je me rappelle que c'est Pinaud qu'a les biftons. Pour le coup je constate que mon pote n'est pas revenu des chiottes. J'explique mon inquiétude au mironton et on va tambouriner à la porte des Walter.
« Occupé ! bêle la pauvre voix de la Vieillasse.
« C'est moi, je le rassure, qu'est-ce qui t'arrive, Pinuche, elles ont établi une tête de pont entre tes noix, les fourmis, ou prendraient-elles ton recteur pour un abri anti-anatomique !
« Non, mais c'est mon pantalon, pleurniche le chéri.
« Quoi, ton pantalon ?…
« Pendant que je le tenais à la fenêtre, un train est passé dans l'autre sens et me l'a arraché des mains, idem que mes caleçons. Je suis cul nu, Gros. Je peux plus sortir. Et v'là une heure que je me morfonds. »
Bérurier tique devant mon fou rire.
— J' vois pas ce qu'y a de drôle dans tout ça, reproche-t-il. Si tu eusses été à la place de Pinaud…
D'un geste, j'abrège sa leçon de morale consacrée à l'altruisme et il repart.
