
— Moi, dans les cas graves, je me flatte d'être à la hauteur !
« Glisse les billets sous la porte. On arrive dans vingt minutes. Immediately j'irai trouver le chef de la gare pour qu'il me prête une blouse et un bleu de mécano. En attendant, reste assis sur la lunette.
« C'était pas la peine de se payer des premières, il gémit.
« Quand on est aussi glandu que toi, en effet, je lui rétorque. » Bonne âme, je reste devant les tinettes, pour lui faire la converse. Entre parenthèse, j'ai maille à partir avec un adjudant de la coloniale en pleine dysenterie qui braille que les autres gogues sont entre les mains d'un horrible constipé et qu'il n'a pas pris un billet de première pour aller se ramoner la boyasse dans les vouatères des deuxièmes. J'y réponds que s'il veut, il peut aller se mettre à jour dans mon compartiment. Le juteux veut ergoter, mais son intestin est plus fort que sa rogne. Après un début de calamité dans son falzar, il s'évacue vers les secondes. Là-dessus, on arrive à Caducet-sur-Parbrise.
« Fidèle à ma promesse, je bombe comme un dératé chez le chef de gare. Un vilain grincheux, soit maudit en passant. Le cornard me bloque mes explications dans le clapoir.
« Un instant, je vous prie, il m'interrompt, j'ai quelque chose de très urgent à faire. » Là-dessus, il sort sur le quai. Tu sais ce que s'était son urgence ? Siffler pour faire déhoter le train. Quand je pige, il est déjà trop tard : le wagon de mon Pinaud défile juste devant moi, avec la Vieillasse à sa fenêtre de gogues qui gesticule comme un guignol, en me criant des trucs que j'entends pas.
Le Dodu dénoue sa cravate.
— On pourrait pas téléphoner à la gare de Vierzon pour que là-bas, ils attendent Pinaud avec un pantalon ?
— Non, oh surtout non ! pouffé-je. C'est trop passionnant. Je veux savoir comment, en pareil cas, un vieux pingouin comme Pinaud peut se tirer seul du merdier.
