
Comme c’était étrange ! Ce ruisseau lui-même était vaguement phosphorescent. Mais son esprit enregistra à peine le fait.
Enfin, il parvint à la maison, une bâtisse blanche qu’il palpa. Ce n’était ni de la brique, ni de la pierre, ni du bois, mais il n’y attacha aucune importance. Cela ressemblait plutôt à une sorte de porcelaine mate et dure au toucher. Il s’en moquait. Le tout, c’était de trouver la porte. Il la trouva. Ne voyant pas de sonnette, il frappa le battant à coups de pied en hurlant comme un forcené.
Quelqu’un bougea à l’intérieur et, merveille ! il entendit une voix. Une voix humaine autre que la sienne.
— Ohé, la maison ! cria-t-il.
La porte s’ouvrit avec un léger vrombissement d’engrenages bien huilés et une femme dans les yeux de laquelle brillait une lueur d’inquiétude apparut sur le seuil. Elle était grande et noueuse. Derrière elle, on apercevait la silhouette dégingandée d’un homme aux traits rudes en vêtements de travail… Non, ce n’était pas des vêtements de travail. En fait, Schwartz n’avait jamais rien vu qui ressemblât à de tels vêtements mais ils faisaient penser de façon indéfinissable à une tenue de travail.
Schwartz n’avait pas l’esprit d’analyse. A ses yeux, ce couple – et ces vêtements – étaient beaux. Beaux comme seuls des amis peuvent être beaux à la vue, d’un homme abandonné et solitaire.
La femme dit quelque chose. Sa voix avait des sonorités liquides mais le ton était péremptoire. Joseph Schwartz se cramponna à la porte pour ne pas tomber. Ses lèvres remuèrent inutilement et, d’un seul coup, ses frayeurs les plus bourbeuses revinrent à la charge, le faisant suffoquer et lui glaçant le cœur.
