Il se détourna, visiblement désireux de mettre un terme à la conversation. Mais la voix inquiète et pressante de Loa brisa le silence retombé :

— Tu ne crois pas que c’est peut-être un agent de la Société des Anciens ? C’est qu’il y a Grew, n’est-ce pas ?

— A cause de ce que ton père a dit ce soir ? Tu déraisonnes complètement ! Je ne veux même pas en discuter.

— Ce n’est pas à cela que je fais allusion et tu le sais très bien. Le fait est là : nous gardons Grew illégalement depuis bientôt deux ans, et tu n’ignores pas que nous violons ainsi la Coutume quasiment la plus importante.

— On ne fait tort à personne. Est-ce que nous ne remplissons pas notre quota bien qu’il ait été fixé sur la base de trois… de trois travailleurs ? Nous ne le laissons même pas mettre le nez dehors.

— Ils pourraient repérer son fauteuil. Tu as été forcé d’acheter le moteur et les pièces à l’extérieur.

— Tu ne vas pas recommencer ! Je t’ai expliqué je ne sais combien de fois que je n’ai acheté que des équipements de cuisine standards pour ce fauteuil. D’ailleurs, il est extravagant de voir dans ce type un agent de la Confrérie. Tu t’imagines qu’ils auraient recours à un stratagème aussi compliqué rien que pour un pauvre vieux cloué dans un fauteuil à roulettes ? Qu’est-ce qui les empêcherait de s’amener en plein jour avec un mandat de perquisition en bonne et due forme ? Réfléchis un peu, je t’en supplie !

— Si c’est ce que tu penses, Arbin (brusquement, les yeux de Loa brillaient d’excitation)… si c’est vraiment ce que tu penses… comme je l’espérais tellement… eh bien, c’est sûrement un Etranger. Il ne peut pas être un Terrien.

— Comment ça, il ne peut pas ? C’est encore plus ridicule. Pourquoi un homme de l’Empire serait-il venu ici, sur la Terre, alors qu’il aurait eu toutes les planètes à sa disposition ?



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