
Le patron servit à boire aux jeunes gens et chargea un commis de faire un saut à la banque automatique locale. Le virement serait enregistré en l’espace de quelques minutes : les transactions informatisées s’effectuaient aux vitesses électroniques tant que des êtres humains ne s’interposaient pas entre les ordinateurs.
— La jeune dame a besoin de voir un médecin, dit le patron tandis qu’ils attendaient le retour du commissionnaire.
— Oui, approuva David. Pouvons-nous en trouver un ici ?
L’homme à la tête de fouine haussa les épaules.
— Autrefois, il y avait une rue entière de docteurs. Mais, maintenant, Santa Rosa est une ville qui meurt. Il n’y a plus d’emplois et les docteurs sont partis. Il n’en reste plus qu’un mais il est dans la montagne au poste d’urgence. Ils ont l’épidémie, là-haut. Il vaut mieux que vous n’y alliez pas. C’est trop dangereux. La peste…
— Dans ce cas, où peut-elle se faire soigner ?
— Je vais m’en occuper. Et je ne vous demanderai pas un sou en plus, ajouta fièrement le troquet.
Bahjat sourit.
— La somme dont nous sommes convenus est-elle supérieure à ce que vous espériez ?
Il lui rendit son sourire.
— L’argent ne compte pas quand il s’agit de la santé d’une jeune dame aussi belle que vous.
Au même moment, le commissionnaire entra en trombe, la mine hilare. De chacune des poches de son jean étroitement moulant, il sortit une épaisse liasse de coupures.
— Ah ! fit le patron avec un soupir de satisfaction. Et ce sont des dollars internationaux ! Ça vaut beaucoup plus que les pesos argentins.
