
— Tu vas dire à Steinmetz qu’il est viré. Que son lieutenant à Rio prenne sa place. Convoque-le, le Steinmetz, je vais faire un exemple. Et que tous nos correspondants en Amérique Latine se mettent à la recherche du garçon et de la fille. Je les veux tous les deux.
— Autant chercher deux fourmis dans la jungle, objecta Arlène.
— Tu as envie que je te fasse subir le même traitement qu’à Steinmetz ?
— Oh non !
— Alors, fais ce que je te dis.
Elle se leva et Garrison dut rejeter la tête en arrière pour voir ses jambes qui n’en finissaient pas, son corps aux rotondités généreuses, sa figure cramoisie.
— Où vas-tu ?
— Passer les coups de fil que vous voulez que je passe.
— Il y a un appareil là-bas, fit Garrison en désignant quelque chose du doigt au milieu de la buée qui remplissait la pièce. Pas la peine de te déranger. Et déshabille-toi pendant que tu téléphones, enchaîna-t-il avec un nouveau sourire. Quand tu auras fini, j’aimerais que tu viennes nous rejoindre dans la baignoire pour que tu puisses voir combien de temps ces petites sont capables de retenir leur respiration sous l’eau.
Arlène le dévisagea et l’ombre d’une désapprobation lui pinça imperceptiblement les lèvres.
— Et ne fais pas ta mijaurée. Laisse ces petites te travailler au corps et je te montrerai ce que Hashimoto m’a envoyé d’autre. Il s’est aussi souvenu de toi.
— Vraiment ?
Garrison acquiesça. Les deux « pêcheuses de perles » sourirent et dodelinèrent du menton. Elles disparaissaient jusqu’à la taille dans l’eau parfumée et fumante. Elles avaient pour instruction de faire tout ce qu’on leur dirait de faire et de ne pas prononcer un seul mot dans aucune langue à moins qu’on ne leur donne l’ordre de parler.
Un léger sourire retroussa les lèvres d’Arlène.
— Vous êtes un vieux cochon, vous savez ?
