
Liu inclina à peine la tête d’un centimètre.
— Avez-vous réfléchi aux noms des éventuels candidats ?
Les yeux de l’Africain se rétrécirent.
— Un peu.
— Il serait peut-être… utile que nous passions en revue les possibilités pour nous entendre sur une seule et même personne, reprit doucement Liu. Si nous arrivions à un accord, vous et moi, nous parviendrions certainement à convaincre le gros de la délégation africaine et de la délégation asiatique de voter pour elle et elle serait selon toute probabilité notre prochain directeur.
Bowéto, l’air songeur, avala une gorgée de bière.
— Quels sont, selon vous, les candidatures les plus vraisemblables ?
Liu se permit un imperceptible sourire.
— Je crois que ni Williams ni Malékoff n’ont de chances. L’Assemblée redouterait que se rouvrent les vieilles plaies de la Guerre froide si elle élisait un Américain ou un Russe.
— Peut-être. Et al-Hachémi ?
— Je ne pense pas que le directoriat l’intéresse mais je peux me tromper. S’il se présentait aux suffrages de l’Assemblée, ce ne serait, à mon sens, qu’une simple manœuvre destinée à obtenir des concessions en échange du soutien qu’il apporterait à un autre candidat.
— Andersen ?
— Andersen est un administrateur compétent. Le bloc européen votera pour lui et les Américains aussi, si Williams n’est pas partant. Il est respecté, aimé même, par beaucoup de nos collègues.
— Mais vous ne souhaitez pas le voir occuper ce poste.
Ce n’était pas une question mais l’énoncé d’un fait.
— J’ai un autre candidat en tête.
— Qui ?
— Vous, bien sûr.
Les yeux de Bowéto se mirent à scintiller. Avec quelle facilité son visage trahit ses sentiments ! se dit Liu.
— Accepteriez-vous d’assumer cette responsabilité ?
— Le bloc asiatique voterait-il pour moi ? contra Bowéto.
