
Enfin, la pluie cessa. Les nuages se dispersèrent, laissant apparaître un ciel d’une limpidité de cristal constellé d’étoiles. Comme la batterie ne pourrait pas tenir toute la nuit sans être rechargée, David commença à scruter l’étendue dans l’espoir de découvrir une bourgade, un hameau, une maison isolée, mais en vain. D’un horizon à l’autre, rien que les ténèbres.
L’aube était proche quand ils aperçurent finalement une bicoque perchée sur une hauteur à l’écart de la route. David braqua son guidon et se dirigea vers elle. La machine cahotait dans l’herbe. Ce fut le moment que la batterie choisit pour rendre l’âme et force lui fut de faire la dernière partie du voyage en pédalant — les dents serrées et les mollets douloureux.
— Mettez… la bécane à l’intérieur. Il ne faut pas… qu’on la voie… du haut des airs.
Une terrible lassitude perçait dans la voix de Bahjat et, dans la grisaille du jour qui pointait, son visage terreux trahissait son épuisement.
C’était une vieille cabane utilisée comme refuge par les vaqueros à une époque où il n’y avait ni hélicoptères ni électrocyclos. Apparemment, elle servait parfois aux campeurs de hasard car elle tenait encore debout et les murs de bois de l’unique pièce, s’ils avaient besoin d’être repeints, étaient étanches. Il y avait quatre couchettes et même quelques boîtes de conserve sur la planchette au-dessus de l’évier. La baraque avait été construite au-dessus d’un puits à en juger par l’antique pompe à main qui flanquait celle-ci.
Bahjat était agitée de tremblements incoercibles et dès qu’elle se fut allongée sur l’une des couchettes, elle se mit à tousser.
— Vous avez attrapé un rhume, dit David en tâtant son front brûlant. Peut-être même pire.
— Et vous ? s’enquit-elle entre deux quintes.
— Moi, ça va.
— On ne peut pas rester ici longtemps.
