Le rond aqueux glisse vers la fenêtre ouverte de l'isba. Près de la fenêtre un jeune officier écrit, un autre est assis à côté et semble converser avec un interlocuteur invisible. Lequel des deux? Non, il faut attendre un peu. La mort pénétrant par une fenêtre étroite indique trop clairement l'endroit où se cache le tireur. Attendons.

Le jeune officier range ses feuilles dans une serviette, disparaît, surgit sur le perron, le dévale allègrement, se dirige vers une moto qui l'attend dans la cour. Le soldat sursaute sur son siège en mettant le moteur en marche. L'officier se cale dans le side-car et, au même moment, comme pris d'une rêverie profonde, laisse tomber son menton sur sa poitrine. Dans la pétarade du moteur, le soldat n'a rien remarqué.

La douille vide saute, la nouvelle cartouche glisse à sa place. Le rond silencieux découpé dans la journée calme de l'été s'approche de nouveau de l'isba.

Sur le perron apparaissent les deux interlocuteurs. L'un d'eux sort un porte-cigares, l'autre fouille dans sa poche. Oui, c'est bien cela, le briquet est resté à l'intérieur. Il va le chercher… Maintenant, l'essentiel est de ne pas s'endormir!

L'officier qui vient d'ouvrir le porte-cigares le rejette soudain avec un air de dégoût et, s'accrochant à la rampe, s'affale. Son compagnon qui sort, en jouant avec le briquet, a le temps de voir les cigarettes éparpillées et, la tête renversée, s'écroule dans l'entrée.

À présent, chaque seconde comptait. Mettre une gaine sur la lunette, ramasser les trois douilles et, alternant les courses brèves et les attentes figées, parvenir au taillis le plus proche.

Autour de l'état-major, les gens s'agitaient déjà. Ils indiquaient la direction du bosquet que Piotr venait de quitter. Oui, ils avaient deviné: un tireur d'élite. Le side-car soulevant une traînée de poussière retournait vers le perron avec son passager mort. Le silence se brisa dans l'aboiement furieux des chiens.



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