Pendant quelques instants, rien ne se produisit. Jason réussit à garder son sang-froid, à ne pas succomber à la panique. Enfin la callisto se couvrit de pustules, se recroquevilla, se détacha de sa poitrine et tomba à terre. Elle était morte.

Les jambes en coton, Jason s’assit à la table de la cuisine. Il se débattait contre la montée de l’inconscience. Quelques-uns des tubes suceurs étaient restés dans sa poitrine et ils étaient encore vivants.

— Pas mal, parvint-il à balbutier. Tu m’as presque eu, espèce de sale petite garce !

— Le presque est de trop, répondit Marilyn Mason d’une voix atone et dépourvue d’émotion. Il y a encore des tubes dans ta poitrine et tu le sais. Je le lis sur ton visage. Et ce n’est pas une bouteille de scotch qui les éjectera. Rien ne pourra t’en débarrasser.

Jason, alors, s’évanouit. Il vit vaguement le sol vert et gris monter à sa rencontre. Puis ce fut le vide. Un vide où il n’existait même pas.


Douleur.

Il ouvrit les yeux et, machinalement, se toucha la poitrine. Plus de costume de soie fait main : il portait une blouse d’hôpital en coton et était étendu à plat sur une civière.

— Seigneur ! dit-il d’une voix pâteuse tandis que les deux infirmiers l’entraînaient rapidement le long d’un couloir.

Heather Hart flottait au-dessus de lui, l’air angoissé, bouleversée mais en pleine possession d’elle-même, elle aussi.

— J’ai compris qu’il se passait quelque chose, dit-elle précipitamment au moment où les aides-soignants poussaient la civière dans une chambre. Je ne t’ai pas attendu dans l’aéromobile. Je suis descendue derrière toi.

— Tu pensais probablement nous trouver au lit tous les deux, répondit-il d’une voix vacillante.



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