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les symboles païens cachés de la cathédrale de Chartres - avait rendu furieux, et qui venait lui chercher noise.
— Je suis navré, marmonna-t-il, mais je suis fatigué, et...
Le réceptionniste baissa la voix :
— Il s'agit d'un visiteur important, monsieur... Langdon n'en doutait pas. Auteur de nombreux ouvrages sur l'art religieux et la symbolique cultuelle, il avait, un an plus tôt, bénéficié des honneurs de l'actualité, après un différend très médiatisé avec le Vatican. Depuis lors, historiens de l'art et mordus de la symbolique religieuse le harcelaient de lettres et d'appels téléphoniques.
— Auriez-vous la gentillesse, demanda-t-il en tâchant de rester poli, de noter les coordonnées de cette personne, et de lui dire que j'essaierai de l'appeler mardi avant mon départ ? Merci.
Il raccrocha et s'assit sur son lit. Sur la table de chevet, une brochure en papier glacé vantait « les nuits incomparablement paisibles à l'hôtel Ritz, au cœur de la ville des lumières ».
Le grand miroir mural lui renvoya le reflet de son visage terne et chiffonné.
Mon petit Robert, tu as besoin de vacances.
Il avait pris un sacré coup de vieux depuis l'année dernière, mais il n'aimait pas qu'un miroir le lui rappelle. Un regard bleu éteint, des joues mal rasées, des tempes où se glissaient des cheveux gris, des épaules tombantes. Ses collègues féminines avaient beau lui répéter que ses tempes poivre et sel augmentaient encore son charme intello, Langdon savait à quoi s'en tenir.
Si les journalistes du Boston Magazine te voyaient...
Le magazine avait récemment inclus Langdon dans sa liste des dix personnages les plus fascinants du moment. Un honneur d'un goût douteux, qui lui avait immédiatement attiré les moqueries de ses collègues de Harvard. Pourquoi avait-il fallu que cette réputation mal acquise le poursuive un soir, à des milliers de kilomètres de là ?
