
— Entrons, je fais.
Wolf passe le premier.
— On n’y voit rien, dit-il.
— Tiens, une lampe !
Tout ça fait partie de mon plan. Ça m’arrange qu’il se déplace dans l’obscurité avec une lampe.
— Par quoi commence-t-on ? demande-t-il.
— On va fouiller la crèche. Commence par le fond.
Le faisceau de sa lampe s’éloigne. J’allume la mienne, car j’en ai pris deux, et je la pose sur un meuble.
Le moment est venu de régler les comptes en retard. Je m’éloigne du pinceau lumineux de ma lampe. J’oblique nettement sur la gauche, dans le coin où l’obscurité est la plus dense. Je saisis dans ma poche le revolver de Nez-Creux et je l’assure bien dans ma main.
Je ne sais pas ce que peut donner un engin pareil, enfin, je n’ai pas le choix.
— Ho ! Wolf ! je m’écrie.
Il se retourne. C’est presque hallucinant ces deux faisceaux de lumière pâle dans ce hangar. Ma voix sonne creux. Celle de Wolf aussi, me semble-t-il.
— Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ?
— Viens voir quelque chose…
Il fait demi-tour et s’avance en direction de la lampe posée sur le meuble.
Je suis le balancement de sa propre clignote… Je la situe, par rapport à lui. Voyons, il la tient de la main droite, presque devant soi. Je lève mon feu et je vise soigneusement plus haut et plus à gauche que la lampe.
— Hein, fait la voix déjà inquiète de Wolf, qu’est-ce qu’il y a ?
Je presse la détente. Le coup de feu provoque une seconde d’immobilité totale du côté de mon collègue. Je tire une seconde fois. Sa lampe tombe. Il y a un bruit caractéristique… Wolf a suivi le même chemin…
Je saute sur ma lampe et me précipite vers ma victime.
Wolf est allongé sur le sol. Il n’est pas mort. Ses yeux cillent sous l’impitoyable lumière que je projette sur lui. Une tache rouge s’élargit sur le haut de sa chemise. Il a pris une balle dans la poitrine et une autre dans l’épaule.
