Je pousse un soupir.

— Vu.

— Je vous laisse carte blanche…

— Merci.

— Aujourd’hui, Wolf est aux dossiers, il y passera la journée. Je me suis arrangé pour lui donner un boulot de compilation, afin qu’il soit à votre disposition. Lorsque vous aurez… besoin de lui, téléphonez au brigadier Pochard en lui demandant un homme de renfort. Puis raccrochez ; attendez un quart d’heure et rappelez-le comme si vous ne l’aviez pas fait précédemment. Dans l’intervalle, il aura fait venir Wolf dans son bureau pour lui demander un renseignement. Comme votre demande parviendra « à l’improviste », il sera normal qu’il dise à Wolf de vous rejoindre puisqu’il l’aura sous la main… Compris ?

Ce qu’il y a d’au poil avec le big boss, c’est qu’il ne laisse rien au hasard. Tout est organisé de première avec lui.

Je rafle mon bada.

— Au revoir, chef.

— Bon courage…

Du courage ! Il en faut quelquefois…

Je descends et ça me fait du bien de retrouver la rue ; le ciel gris de Paname, les passantes.

J’entre dans la brasserie du coin pour y manger un sandwich. Croyez-moi si vous voulez, mais la première personne que j’y rencontre, c’est justement Wolf.

Il est accoudé au comptoir, devant un annuaire de téléphone et il ne lève son nez du gros bouquin que pour m’apercevoir.

— Salut, dit-il.

Je lui réponds « Salut ».

— Tu viens de chez le Vieux ?

— Oui.

— Boulot ?

— Un sale turbin… je réponds…

Je commande un hot dog et un verre de beaujolais. Je me mets à mastiquer tandis que mon collègue examine son annuaire.

D’un œil vague je regarde Wolf. C’est un blondinet d’une trentaine d’années qui se donne des airs de caïd. Il est tiré à quatre épingles et vous ne lui feriez jamais porter des chaussettes qui ne soient pas en accord total avec sa cravate.



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