
Il sentit son calme revenir. « Finissons-en, vieille femme » dit-il.
« Vieille femme ! (Elle avait crié.) Tu as du courage, on ne peut en douter. Eh bien, nous allons voir cela, mon petit ami ! »
Elle se pencha tout contre lui et sa voix devint un murmure.
« Tu vas sentir la douleur dans cette main qui est dans la boîte. La souffrance… Mais… Ote seulement ta main et mon gom jabbar touchera ton cou. Et la mort sera aussi rapide que la hache du bourreau. Ote seulement ta main et mon gom jabbar t’ôte l’existence. Compris ? »
« Qu’y a-t-il dans cette boîte ? »
« La souffrance. »
Dans sa main, le picotement se fit plus net. Il serra les lèvres. Quelle épreuve est-ce donc là ? se demanda-t-il. Le picotement se fit démangeaison.
« As-tu déjà entendu parler de ces animaux qui se dévorent une patte pour échapper à un piège ? C’est là une astuce animale. Un humain, lui, demeurera pris au piège, il supportera la souffrance et feindra d’être mort afin de pouvoir tuer le trappeur et supprimer ainsi la menace qu’il représente pour l’espèce tout entière. »
La démangeaison devint une brûlure très légère.
« Pourquoi ? » demanda Paul.
« Pour déterminer si tu es vraiment un humain. Silence ! »
La brûlure se fit plus intense dans sa main droite. Il referma sa main gauche. Lentement, lentement, la douleur augmentait. Chaleur, chaleur… Toujours plus de chaleur… Les ongles de sa main libre en feu ne lui obéissaient plus.
« Ca brûle », dit-il.
