
Sans cesse la leçon se répétait dans la conscience flottante de Paul, encore et encore…
A travers ses paupières closes , il perçut la clarté jaune de l’aube qui effleurait le rebord de la fenêtre de sa chambre. Il ouvrit les yeux sur le dessin familier des poutres du plafond et il entendit alors les échos de la vie fébrile du castel.
Puis la porte s’ouvrit et sa mère apparut. ses yeux verts avaient une expression solennelle dans son visage ovale, impassible. Ses cheveux, maintenus par un ruban noir, avaient la sombre couleur du bronze.
« Tu es éveillé, dit-elle. As-tu bien dormi ? »
« Oui. »
Il l’observait et, tandis qu’elle choisissait ses vêtements dans la penderie, il décela la tension qui l’habitait dans le mouvement de ses épaules. Cela fût passé inaperçu à tout autre regard, mais Paul avait été éduqué dans la Manière Bene Gesserit, avec le sens aigu de l’observation.
Sa mère, se retournant, lui présenta une tunique de demi-cérémonie arborant la crète de faucon rouge, emblème des Atréides.
« Hâte-toi de t’habiller, dit-elle. La Révérende Mère t’attend. »
« J’ai rêvé d’elle, dit Paul. Qui est-ce ? »
« C’est elle qui m’a éduqué à l’école Bene Gesserit. A présent elle est la Diseuse de Verité de l’Empereur et, Paul… (elle hésita) Il faut que tu lui parles de tes rêves. »
« Je lui en parlerai. Est-ce grâce à elle que nous avons eu Arrakis ? »
Sa mère secoua un des pantalons de Paul comme pour en chasser la poussière et le posa auprès de la tunique.
