Il faut dire que c’est un des détails qui permettent parfois à un fantassin de profiter de sa pension : les coques, les « peaux » de la capsule, non seulement freinent la chute mais elles pulvérisent dans le ciel assez de débris pour offrir aux radars du sol des dizaines de cibles possibles et illusoires : homme, débris, bombes, n’importe quoi. Des débris en nombre suffisant pour filer des dépressions nerveuses aux ordinateurs balistiques de défense.

Le vaisseau ajoutait encore au spectacle en larguant des capsules factices derrière nous. Elles tombaient plus vite que nous puisqu’elles ne se fragmentaient pas, et elles explosaient plus bas, formant un écran de balisage et de diversion, servant parfois de relais, éjectant des fusées et autres bricoles pour augmenter la confusion du comité d’accueil.

Mais pendant tout ce temps, le vaisseau reste bien accroché au signal-balise du chef de section et il détermine votre point d’impact sans vous lâcher d’une micro-seconde, sourd au bruit-radar qu’il a déclenché.

Après la disparition de la coque numéro deux, la troisième déclencha l’ouverture du premier ruban-parachute. Qui ne dura pas longtemps, mais ça n’était pas ce qu’on lui demandait. Une grande secousse de quelques g et chacun a choisi sa trajectoire personnelle. Le deuxième ruban eut une vie plus longue que le premier et le troisième se pavana pendant une éternité. A l’intérieur de la capsule, il faisait maintenant plutôt tiède. Je me suis mis à compter les secondes.

La troisième coque a disparu après le parachute et je me suis retrouvé avec mon scaphandre blindé, assis dans un œuf de plastique. J’étais encore ligoté, dans l’impossibilité de faire un mouvement. Il était temps de décider quand et où j’allais me poser. Sans un geste (impossible), j’ai déclenché la lecture de proximité et j’ai lu le résultat dans le réflecteur placé à l’intérieur de mon casque.



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