« Coincez vos pieds sous la rampe. Vous n’avez donc pas lu l’avis ? »

Les autres le regardaient en souriant s’efforcer vainement de redescendre. Ils avaient tous les pieds passés sous les barres chromées qui sillonnaient la surface du plancher, à soixante centimètres les unes des autres. Gaal avait bien remarqué ces barres en entrant, mais il ignorait quel était leur usage.

Une main secourable se tendit enfin vers lui et le ramena au sol.

Il eut à peine le temps de bredouiller des remerciements : l’ascenseur s’arrêta.

Gaal s’avança sur une vaste plate-forme baignée d’une lumière éblouissante qui lui brûla les yeux. L’homme qui, dans l’ascenseur, l’avait aidé à regagner le plancher se trouvait juste à côté de lui.

« Ce ne sont pas les sièges qui manquent, dit-il d’un ton amène.

— En effet », dit Gaal. Il se dirigea machinalement vers les bancs puis s’arrêta. « Excusez-moi, dit-il, mais j’aimerais bien m’arrêter d’abord près de la balustrade. Je… je voudrais voir un peu. »

L’homme lui fit un petit salut de la main et s’éloigna, tandis que Gaal se penchait par-dessus le garde-fou qui s’élevait à hauteur d’épaule, pour se repaître du panorama.

Il ne voyait pas le sol qui disparaissait sous le grouillement des constructions. A l’horizon, où que se portât son regard, il n’apercevait que le métal se découpant sur le ciel, et il savait que, sur toute l’étendue de la planète, il aurait trouvé un paysage identique. Rien ne bougeait, sauf ça et là un astronef de plaisance qui flânait dans le ciel : pourtant, sous la carapace métallique de la planète, s’agitaient des milliards d’hommes.

Il n’y avait pas trace de verdure, ni de terre, pas un signe de vie autre qu’humaine. Quelque part au milieu de cet océan d’acier, se trouvait le palais de l’empereur, avec ses vingt-cinq mille hectares de parterres et de jardins, mais on ne le voyait pas de là. Peut-être était-il à dix ou quinze mille kilomètres ? Gaal n’en savait rien.



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