— Que voulez-vous ? dit froidement Barr.

— Patricien, écoutez-moi. Nous sommes à une époque où les plus brillants soldats sont ceux qui ont pour mission de commander les défilés militaires qui serpentent au long des jardins du Palais impérial, les jours de fête, et d’escorter vers les planètes d’été les étincelants astronefs de plaisance qui transportent Sa Splendeur Impériale. Je… je suis un raté. Je suis un raté à trente-quatre ans, et je le resterai. Parce que, voyez-vous, j’aime me battre.

« C’est pourquoi on m’a envoyé ici. A la cour, je suis trop encombrant. Je ne me plie pas à l’étiquette. J’offense les dandys et les amiraux, mais je suis un trop bon commandant de navires et d’hommes pour qu’on m’abandonne simplement quelque part dans l’espace. Alors, on a trouvé Siwenna. C’est un monde-frontière ; une province rebelle et pauvre. C’est loin, assez loin pour satisfaire tout le monde.

« Alors, je bous. Il n’y a pas de rébellions à écraser, et ces temps-ci les vice-rois des Etats-frontière ne se révoltent pas ; en tout cas pas depuis que feu le père de Sa Majesté Impériale, de glorieuse mémoire, a fait un exemple de Mountel de Paramay.

— Un empereur énergique, murmura Barr.

— Oui, et il nous en faudrait d’autres. L’empereur est mon maître, ne l’oubliez pas. Ce sont ses intérêts que je défends. »

Barr haussa les épaules.

« Quel rapport avec ce dont nous parlions ?

— Je vais vous le montrer en deux mots. Les magiciens dont j’ai parlé viennent de là-bas, au-delà des postes-frontière, là où les étoiles sont rares…

— Là où les étoiles sont rares, répéta Barr, et où flotte le froid de l’espace.



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