
— Ce retrait, conseiller, n’a rien à voir avec mes décisions visant à protéger le Plan Seldon.
— Dans ce cas, sur quoi le fondez-vous ?
— Je vais vous le dire : vous êtes accusé de trahison, conseiller. Je souhaiterais épargner à cette assemblée le désagrément d’une arrestation en pleine Chambre mais je vous signale que derrière cette porte vous attendent des gardes de la sécurité qui sont chargés de vous mettre la main dessus dès que vous serez sorti. Je vais vous demander à présent de quitter cette salle sans faire de difficulté. Le moindre geste inconsidéré de votre part serait bien entendu interprété comme une agression, forçant la sécurité à pénétrer dans la Chambre. J’espère que vous ne nous contraindrez pas à cette extrémité. »
Trevize fronça les sourcils. La salle du Conseil était plongée dans un silence absolu (qui pouvait s’attendre à cela, hormis lui, et Compor ?). Il se retourna vers la porte. Il ne vit rien mais il était certain que le Maire Branno ne bluffait pas.
Il en bafouilla de rage : « Je rep… je représente une importante circonscription, Maire Branno, nombre d’électeurs…
— Et nul doute que vous allez les décevoir.
— Sur quelle preuve étayez-vous donc cette accusation délirante ?
— Cela sera révélé en temps opportun mais soyez assuré que nous détenons tout ce qu’il faut. Vous êtes un jeune homme extrêmement indiscret et vous devriez vous rendre compte que l’on peut fort bien être votre ami sans pour autant souhaiter vous suivre dans votre trahison… »
Trevize fit volte-face, cherchant du regard les yeux bleus de Compor. Celui-ci soutint son regard, impassible.
Le Maire Branno poursuivit, calmement : « Je ferai remarquer à l’assistance qu’au moment où j’ai énoncé ma dernière phrase, le conseiller Trevize s’est tourné pour regarder le conseiller Compor…
