« Voulez-vous sortir, à présent, conseiller Trevize, ou bien allez-vous me contraindre à la pénible procédure d’une arrestation en pleine Chambre ? »

Golan Trevize se tourna, gravit de nouveau les marches de la salle du Conseil et, une fois à la sortie, se retrouva encadré par deux hommes en uniforme, bardés d’armes.

Et le regardant partir, impassible, Harlan Branno murmura entre ses lèvres à peine entrouvertes : « Idiot ! »

3.

Liono Kodell était directeur de la sécurité depuis le mandat du Maire Branno. Ce n’était pas un boulot très foulant, à l’en croire. Mais fallait-il le croire ? Nul n’aurait su l’affirmer. Il n’avait pas l’air d’un menteur mais cela ne signifiait pas nécessairement grand-chose.

Il paraissait amical et bon enfant mais c’était peut-être par nécessité professionnelle. D’une taille plutôt inférieure à la moyenne et d’un poids plutôt supérieur, il arborait une moustache en broussaille (des plus inhabituelles chez un citoyen de Terminus) à présent plus blanche que grise, de pétillants yeux marron et la caractéristique barrette de couleur au revers de la poche de poitrine de sa terne tunique.

« Asseyez-vous, Trevize, lança-t-il. Et tâchons de garder à cet entretien une tournure amicale.

— Amicale ? Avec un traître ? » Trevize passa les pouces dans son ceinturon et resta debout.

« Avec un présumé traître. Nous n’en sommes pas encore au point où une accusation – même si elle est émise par le Maire en personne – équivaut à une condamnation. J’ose espérer que nous n’en arriverons pas là. Mon boulot est de vous disculper, si je le peux. Je préférerais de beaucoup le faire tout de suite, tant qu’aucun mal n’est fait – sinon peut-être à votre amour-propre – plutôt que d’être contraint à porter la chose sur la place publique. Je pense que vous me suivrez sur ce point. »



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