— J’espère que vous êtes conscient que cela ne vous vaudra, à vous pas plus qu’au Maire, rien de bon.

— Comme c’est curieux : je suis précisément de l’avis contraire. Cela dit, vous pouvez sortir. Sous bonne garde, bien entendu.

— Et où doit-on m’emmener ? »

Kodell se contenta de sourire. « Au revoir, conseiller. Vous n’avez pas été parfaitement coopératif mais il eût été irréaliste d’espérer le contraire. »

Il lui tendit la main.

Trevize, qui s’était levé, l’ignora. Il défroissa sa tunique et dit : « Vous ne faites que retarder l’inévitable. D’autres doivent penser comme moi en ce moment, ou en tout cas, ils y viendront plus tard. M’emprisonner ou me tuer ne servira qu’à provoquer la surprise et, au bout du compte, à accélérer le processus. Mais à la fin, la vérité et moi, nous vaincrons. »

Kodell retira sa main et hocha lentement la tête : « Décidément, Trevize, vous êtes vraiment un idiot. »

4.

Ce ne fut pas avant minuit que deux gardes vinrent rechercher Trevize dans ce qui était – il devait bien l’admettre – une chambre fort luxueuse, au quartier général de la sécurité. Luxueuse mais verrouillée. En d’autres termes, une cellule.

Trevize avait eu plus de quatre heures pour faire un douloureux examen de conscience, tout en arpentant la pièce de long en large.

Pourquoi avoir fait confiance à Compor ?

Et pourquoi pas ? Il avait tellement semblé convaincu. Non, pas exactement : il avait semblé tellement prêt à se laisser convaincre. Non. Pas ça non plus. Il avait semblé si stupide, si facile à dominer, si clairement dénué d’opinion personnelle que Trevize avait pris un malin plaisir à l’utiliser comme une bien confortable chambre de résonance. Compor avait aidé Trevize à améliorer et à peaufiner ses opinions. Il lui avait été utile et Trevize lui avait fait confiance pour la simple et bonne raison que c’était plus pratique ainsi.



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