« Combien de vos hommes en tout avez-vous ici ? Un régiment ?

— Non, conseiller », lui répondit une voix sèche mais posée. « Il n’y a qu’une seule personne ici en dehors de celles que vous voyez. Et je crois vous avoir assez attendu. »

Harlan Branno, Maire de Terminus, s’encadra dans la porte du séjour. « Il serait temps, ne trouvez-vous pas, que nous ayons enfin une conversation ? »

Trevize la regarda, éberlué : « Toute cette comédie pour… »

Mais Branno l’interrompit d’une voix basse et ferme : « Du calme, conseiller – et vous quatre, dehors ! Dehors ! Il n’y a rien à craindre. »

Les quatre gardes saluèrent et tournèrent les talons. Trevize et Branno étaient seuls.

Chapitre 2

Maire

5.

Branno avait attendu depuis une heure, ressassant ses pensées. D’un point de vue technique, elle était coupable d’effraction et de violation de domicile. Qui plus est, elle avait violé, fort inconstitutionnellement, les droits d’un conseiller. Au terme strict des lois qui régissaient la fonction de Maire – depuis l’époque d’Indbur III et du Mulet, près de deux siècles plus tôt – elle risquait la destitution.

Mais en ce jour précis, pourtant, et pour un laps de temps de vingt-quatre heures, elle ne pouvait rien faire de mal.

Mais cela passerait. Elle ne pouvait s’empêcher de frémir.

Les deux premiers siècles avaient été l’âge d’or de la Fondation, l’époque héroïque – rétrospectivement, du moins, sinon pour les infortunés qui avaient dû vivre en ces temps peu sûrs. Salvor Hardin et Hober Mallow en avaient été les deux grands héros, quasiment déifiés au point de rivaliser avec l’incomparable Hari Seldon lui-même. Ces trois personnages formaient le trépied sur lequel reposait toute la légende (et même toute l’histoire) de la Fondation.



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