
Ses cheveux gris étaient soigneusement coiffés dans un style ni franchement féminin ni faussement masculin. C’était son style de coiffure, sans plus. Ses traits neutres n’étaient pas remarquables par leur beauté mais à vrai dire, ce n’est pas la beauté que l’on cherchait en ces lieux.
Elle était l’administrateur le plus capable de la planète. Nul ne pouvait l’accuser – et nul ne le faisait – d’avoir l’éclat d’un Salvor Hardin ou d’un Hober Mallow dont les aventures avaient animé l’histoire des deux premiers siècles de la Fondation mais nul ne l’aurait non plus assimilée aux frasques des Indbur héréditaires qui avaient dirigé la Fondation juste avant l’époque du Mulet.
Ses discours n’étaient pas faits pour émouvoir ; elle n’avait pas non plus le don des effets théâtraux mais elle savait prendre avec calme des décisions et s’y tenir aussi longtemps qu’elle était persuadée d’avoir raison. Sans charisme apparent, elle avait le coup pour persuader les votants que ces calmes décisions étaient effectivement les bonnes.
Puisque selon la doctrine de Seldon, tout changement historique se révèle dans une large mesure difficile à dévier (si l’on excepte toujours l’imprévisible, facteur qu’oublient la plupart des seldonistes, malgré le déchirant épisode du Mulet), la Fondation aurait dû coûte que coûte maintenir sur Terminus sa capitale. « Aurait dû », notons-le, car Seldon, dans la toute dernière apparition de son simulacre vieux de cinq siècles, avait calmement estimé à 87,2 % sa probabilité de demeurer sur Terminus.
Quoi qu’il en soit, même pour un seldoniste, voilà qui signifiait donc qu’il y avait 12,8 % de chances que se fût effectué le transfert vers un point plus proche du centre de la Fédération, avec toutes les sinistres conséquences soulignées par Seldon. Si cette éventualité estimée à un contre huit ne s’était pas produite, c’était bien certainement grâce au Maire Branno.
