Une crevasse apparut à quelque distance. « C’est la fin », se dit Evguéni qui commença à se débattre tel un nageur en difficulté.

L’orifice qui menait sous terre rappelait une fouille abandonnée. Les mêmes branches-lianes omniprésentes pendaient aux parois du puits. Dès que la tête du captif disparut elles rabattirent sur l’orifice une trappe faite de gazon.

Dans l’obscurité les lianes émettaient une faible lueur. Un souffle froid parvenait de quelque part en dessous. Pendant une éternité l’ingénieur fut trimbalé par un passage latéral plongé dans la pénombre. Enfin les branches poussèrent l’homme, totalement épuisé à force de s’être débattu, dans un étrange local ovale. Des appareils de différents gabarits étaient faiblement éclairés par la lumière que diffusaient les parois plastifiées inclinées.

« On dirait la cabine d’un astronef étranger… » Il n’eut pas le temps de réfléchir. Des tentacules le poussèrent impitoyablement vers le centre du local où se dressait une construction insolite. Evguéni se rua vers la sortie, mais il se prit les jambes dans les lianes et chuta.

Les lianes le soulevaient patiemment et le poussaient vers la construction qui avait l’apparence d’une armoire. Décidé à vendre chèrement sa vie — il ne doutait pas d’avoir été capturé par des créatures mystérieuses—, l’ingénieur, dans un dernier acte de désespoir, planta ses dents dans une liane qui oscillait lentement devant son visage tel un cobra en passe d’attaquer. La liane tressaillit et s’échappa. Evguéni conserva dans la bouche un goût de caoutchouc chaud. A cet instant une autre liane saisit précautionneusement, presque tendrement, l’ingénieur par le torse et le souleva du plancher. Les parois et le plafond fusionnèrent et tournoyèrent…



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