C’est le froid qui faisait le plus souffrir Zabara. Durant le combat ardent il n’avait pas remarqué le froid. Qui plus est, le dispositif chauffant de sa combinaison s’était branché. Mais au fil des heures le froid avait pénétré le corps de l’ingénieur jusqu’aux os. Zabara mit en veilleuse le dispositif chauffant, ignorant combien durerait sa captivité : il fallait économiser les piles. L’intérieur de la construction dans laquelle les lianes avaient poussé Evguéni était plongé dans l’obscurité et exigu, mais celui-là était relativement libre dans ses mouvements.

Zabara n’avait qu’une seule idée en tête : recouvrer la liberté par tous les moyens. Mais son intuition lui disait de ne pas se presser. Les écrans des oscillographes cathodiques, les spectroscopes, les polarisateurs et autres appareils qu’il avait eu le temps d’apercevoir dans la faible lumière diffusée par les parois du local ovale avant que les lianes le poussent ici cadraient mal avec l’hypothèse quant à la présence de mystérieux étrangers venus de l’espace.

D’abord se maîtriser. Ne pas verser dans l’abattement. Qu’il soit prisonnier d’un gigantesque mécanisme, c’est l’évidence même. Certes, la machine s’est montrée assez peu affable à son égard. Mais il serait ridicule d’en vouloir au torrent parce qu’il vous emporte vers le tourbillon. Ce qu’il faut, c’est deviner le caractère du courant et regagner la rive en marchant sur les pierres glissantes. Cependant, à la différence du torrent, un mécanisme cybernétique (si mécanisme il y a) conserve l’empreinte de la volonté du constructeur et du programmeur…

Zabara doit y voir clair dans tout cela. Mais de nouveau il est pris de vertige. A peine visibles dans l’obscurité, les tuyaux hérissés tous azimuts ressemblent aux tentacules d’un mystérieux carnivore dont le nom est absent du lexique terrien. Satané froid !

Il fige le cerveau, rend la respiration difficile. Des cerceaux de feu se mirent à danser devant ses yeux.



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