L’ingénieur fit un effort visuel. « Uranus » ! Le projet Uranus. Encore à l’institut il avait entendu parler de ce grandiose dessein. Un astronef automatisé devait acheminer un cerveau électronique et des matériaux sur une nouvelle planète à mettre en valeur. Bien sûr, le cerveau électronique ne pouvait pas se déplacer, mais il avait été doté d’un détachement de robots commandés par des signaux radio.

Ils s’éparpillent sur la planète mystérieuse. Ce sont les bras prolongés du Grand Cerveau. Les robots communiquent de manière ininterrompue à celui-là des informations sur ce qui a déjà été réalisé et sur ce qu’ils font au moment présent. Le Cerveau les emmagasine, les analyse et envoie des ordres appropriés.

Les robots planent dans l’atmosphère, sillonnent les marais et la jungle, creusent le sol, prélèvent des carottes à diverses profondeurs, envoyant à leur maître électronique une foule de données sur la pression, l’humidité, la composition chimique de l’atmosphère, sur les courants aériens, sur l’analyse radiographique des minéraux qui constituent les rochers…


Le Grand Cerveau décidera peut-être qu’il est possible de viabiliser la planète. Alors, après avoir consulté les données emmagasinées, il élaborera un programme général d’action, un programme qu’il n’aurait bien sûr pas été possible d’ébaucher au préalable sur Terre. Les robots, après avoir élaboré les leurs, se répandent partout sur la planète. Ils abattent des forêts, labourent les plaines, construisent des habitations, aménagent des cosmodromes pour les astronefs. Cette colossale entreprise de transformation de la planète réclamera peut-être des années, des décennies, voire des siècles. Mais ses fruits compenseront amplement toutes les dépenses engagées, c’est évident.

…Ainsi se présentait le projet « Uranus » dont l’ingénieur avait entendu parler encore à l’institut.



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