— Les Terriens nous ont dépassés d’environ dix siècles, déclara Braga.

L’équipage s’attendait, certes, à quelque chose de ce genre, mais le décalage donnait néanmoins le vertige.

— On atterrit, trancha le commandant.

— Attends, commandant, attends, fit de nouveau Grigo de sa voix précipitée. Nous ne sommes qu’au début de la troisième révolution…


…Le terrain est bordé de bâtiments trapus, visiblement des dépendances. Un peu plus loin, s’élève la tour de télécommunications spatiales. Par bonheur, le champ est libre. On ne voit de fusées que sur les aires de stationnement. On dirait qu’elles sont au rebut. Seraient-elles en panne ? « Nous le saurons en arrivant », songea Grigo en reprenant les termes du commandant. Aussitôt, la voix de celui-ci résonna dans l’interphone :

— Le terrain est bon, Grigo ?

— Tout à fait, Joy.

— On atterrit, décida le commandant.

La descente s’opéra sans incidents, malgré quelques défaillances des appareils de la fusée. Le canot trembla et s’immobilisa sur ses stabilisateurs. Le grondement des moteurs se tut. Le commandant sortit le premier, suivi des autres.

— J’ai l’impression que c’est l’été, Piotr, dit le commandant.

Braga haussa les épaules.

— Demande-lui encore le mois et le jour, sourit le navigateur. Il ne peut même pas établir l’année…

— Laisse tomber, Grigo, coupa le commandant.

Lioubava se pencha pour cueillir une fleur qui ressemblait à une boule blanche et duveteuse.

— Dans notre serre, il n’y avait rien de tel, dit-elle, considérant la petite merveille. Oui, ici, sur Terre, elle attendait constamment un petit miracle.



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