
— Accélérez le travail, dit-il à ses étudiants. Et tant pis si vous occasionnez des abrasions mineures à la surface de l’objet. Je veux en voir au moins un mètre d’ici la fin de la journée.
L’un des étudiants se tourna vers lui sans se relever.
— Monsieur, nous avons entendu dire que le chantier devrait être évacué.
— Et pourquoi, au nom du Ciel, évacuerais-je le chantier ?
— À cause de la tempête, monsieur.
— Au diable la tempête !
Il tournait les talons quand Pascale le prit par le bras, un peu trop rudement.
— Ils ont raison de s’en faire, Dan, dit-elle tout bas, pour n’être entendue que de lui. J’ai entendu parler de cette alerte, moi aussi. Nous devrions déjà être en route pour Mantell.
— Et perdre tout ça ?
— Nous reviendrons.
— Il se pourrait que nous ne retrouvions jamais l’endroit, même en enfouissant un transpondeur.
Il avait raison : le positionnement des fouilles était imprécis, et les cartes de la zone n’étaient pas particulièrement détaillées. Elles avaient été établies à l’époque où le Lorean s’était positionné en orbite autour de Yellowstone, quarante ans plus tôt. La ceinture de satellites de communication avait été détruite lorsque la moitié des colons s’étaient mutinés – ils s’étaient emparés du vaisseau pour regagner leur monde natal –, et, depuis vingt ans, il n’y avait plus moyen de déterminer une position précise sur Resurgam. Et plus d’un transpondeur était tout simplement tombé en rideau lors d’une tempête de verre.
— Tout de même, ça ne vaut pas la peine de risquer des vies humaines, répondit Pascale.
— Ça pourrait valoir beaucoup plus que ça. Allez, plus vite ! fit-il en dardant un doigt vers les étudiants. Utilisez le cyborg s’il le faut. Je veux voir le sommet de cet obélisque d’ici le lever du jour !
Sluka, la chargée de recherche senior, marmonna des paroles inaudibles.
