
Cullis avait l’air complètement perdu. Il agita une main dans le nuage de poussière.
— Ça n’est pas du brouillard, et ce bruit, ce n’était pas un coup de tonnerre, hein ?
— Non, cria l’autre qui, d’un bond, se jetait déjà dans l’escalier.
Cullis toussa et le suivit d’un pas mal assuré.
Lorsqu’il atteignit la cour, il vit arriver d’autres obus, dont l’un explosa sur sa gauche au moment même où il sortait du palais ; il sauta dans un véhicule à chenilles et essaya de le faire démarrer. L’obus fit sauter le toit des appartements royaux. Une pluie d’ardoises et de carreaux de faïence s’abattit violemment dans la cour, chaque fragment provoquant en touchant terre sa propre petite explosion et soulevant son propre petit nuage de poussière. Il porta une main à sa tête et fouilla dans l’espace situé sous le siège côté passager, pour voir s’il y trouvait un casque. Un gros morceau de maçonnerie rebondit sur le capot protégeant le moteur du véhicule par ailleurs dépourvu de toit, y laissant une bosselure considérable ainsi qu’un nuage de poussière.
— Oh… meeeerde, fit-il en découvrant enfin un casque, qu’il s’enfonça sur la tête.
— Les chiens pu… ? hurla Cullis, qui trébucha juste avant d’atteindre le half-track et s’effondra dans la poussière.
L’homme poussa un juron, puis se hissa péniblement à bord de l’engin. Un nouvel obus, immédiatement suivi d’un autre, s’enfonça dans les appartements situés à leur gauche.
