
Vigo remercia son frère de sanscesse étaler sa science. Stanislas Nowak travaillait au laboratoire régional depolice scientifique de Lille. Vigo craqua les sacs plastique et fit apparaîtreun menton éraflé, des lèvres déchirées où croûtaient des caillots de sang.Sylvain détourna la tête et s’éloigna.
— Désolé… Je peux pas…
— Je vais me débrouiller…
Il fallut forcer pour décoincer labouche crispée. Vigo dut s’y prendre à deux mains, tirant à pleins doigts lesmâchoires. Des os craquèrent. Le chaume empala la gorge inerte.
— Ça va lui bousiller l’épiglotte et libérer la glotte. Comme ça, l’eaupourra s’engouffrer.
— Rien à foutre de tes commentaires ! On dirait que tu dégorges unetruite ! Finissons-en, et vite !
Une saleté nocturne prit son envoldans un bruissement de papier. Sylvain pensait que tous ses organes allaient seliquéfier. Comment l’autre réussissait-il à conserver tant de sang-froid, àfaire preuve d’une telle organisation face à l’impossible ?
Vigo déversa l’eau saumâtre jusqu’àce que, sept litres plus tard, la cavité béante du larynx régurgite le surplusde liquide.
— Terminé ! Le corps va se décomposer hyper vite dans l’eau. Presqueaussi efficace que l’incinération. D’ici deux mois, les seuls moyens del’identifier seront les tests ADN ou les empreintes dentaires.
Vigo se frotta les mains sur sonjean. L’illusion d’une purge, d’une absolution.
— Et maintenant on le jette à l’eau le plus loin possible. Tu le prendspar les jambes, moi par les bras. Je compte jusqu’à trois…
