
Restait, évidemment, le problème de Deuxfleurs. Rincevent s’autorisa un bref instant de tristesse.
« Ça pourrait être pire, dit-il en guise d’adieu. Ça pourrait être moi. »
Il voulut alors bouger et s’aperçut que ses vêtements s’étaient accrochés à quelque chose.
Il tordit le cou et découvrit que le couvercle du Bagage retenait fermement le bord de sa robe.
* * *
« Ah, Gorphal, fit aimablement le Patricien. Entre. Assieds-toi. Puis-je insister pour que tu prennes une étoile de mer candie ?
— Je suis à vos ordres, maître, répondit calmement le vieil homme. Sauf, peut-être, pour ce qui concerne les échinodermes en conserve. »
Le Patricien haussa les épaules et désigna le rouleau de parchemin sur la table.
« Lis ça », dit-il.
Gorphal prit le parchemin et leva légèrement un sourcil en reconnaissant les idéogrammes familiers de l’empire de l’Or. Il lut en silence pendant peut-être une minute, puis retourna le document pour examiner attentivement le sceau de l’autre côté.
« Tu as une réputation de spécialiste des affaires de l’Empire, fit le Patricien. Peux-tu m’expliquer ça ?
— Pour bien connaître l’Empire, il est moins besoin de noter des événements spécifiques que de s’intéresser à une certaine tournure d’esprit, répondit le vieux diplomate. Le message est curieux, oui, mais pas surprenant.
— Ce matin, l’Empereur m’a chargé (le Patricien se permit le luxe d’une mine renfrognée), m’a chargé, Gorphal, de protéger ce Deuxfleurs. À présent, on dirait que je doive le faire tuer. Tu ne trouves pas ça surprenant ?
