— Hé là, écoute… ça n’a pas de sens. Quand Deuxfleurs a dit qu’ils avaient une meilleure magie dans l’Empire, j’ai cru… j’ai cru… »

Le diablotin le regarda, attendant la suite. Rincevent jura tout bas.

« Ben, si tu veux savoir, j’ai cru que ce n’était pas de magie qu’il parlait. Pas en tant que telle.

— Il parlait de quoi, alors, si c’est pas de magie ? »

Rincevent commençait à se sentir vraiment malheureux. « Je ne sais pas, dit-il. D’une meilleure façon de procéder, j’imagine. Un système un peu plus sensé. Domestiquer… domestiquer la foudre, ou autre chose. »

Le diablotin posa sur lui un regard doux mais compatissant.

« La foudre, ce sont les piques que se lancent les géants du tonnerre quand ils se battent, dit-il gentiment. C’est un fait météorologique reconnu. On peut pas la domestiquer.

— Je sais, fit Rincevent d’une voix pitoyable. C’est là que pèche mon raisonnement, bien sûr. »

Le diablotin hocha la tête et disparut dans les profondeurs de l’iconographe. Quelques instants plus tard, Rincevent sentit une odeur de jambon frit. Il attendit que son estomac n’y tienne plus et cogna sèchement sur la boîte. Le diablotin réapparut.

« J’ai réfléchi à ce que tu m’as dit, lança-t-il avant que Rincevent ait pu ouvrir la bouche. Même si t’arrivais à la domestiquer, comment tu lui ferais tirer un chariot ?

— De quoi tu parles, bon sang ?

— De la foudre. Ça va de haut en bas. Faudrait la faire aller de long en large, pas de haut en bas. De toute façon, elle cramerait sûrement le harnais.

— Je m’en fiche, moi, de la foudre ! Comment veux-tu que je réfléchisse le ventre vide ?

— Mange un bout, alors. Faut être logique.

— Comment veux-tu ? Dès que je bouge le petit doigt, cette foutue caisse se met à jouer des charnières pour me faire peur ! »

En réponse, le Bagage s’ouvrit tout grand.



48 из 228