
Le Téthys s’assura donc qu’il n’y avait aucune trace de vie sur la planète inconnue. Puis l’équipage effectua les habituelles mesures de la constante de gravitation, du champ magnétique et des courbes de température. Il préleva des échantillons d’air et d’eau. Mais ce fut tout. Les roches étaient familières. Aucune nouveauté de ce côté. Simplement, la planète était inutilisable. Le navire de prospection inscrivit ses découvertes sur une fiche mécanographique de quinze centimètres sur vingt et partit rapidement à la recherche d’un univers meilleur. Il n’ouvrit même pas un de ses hublots pendant son séjour. La visite du Téthys n’eut d’autres suites que la fiche mécanographique. Absolument aucune.
Pendant huit-cents ans, aucun autre navire ne s’approcha de la planète inconnue.
Puis, près de mille ans plus tard, le navire d’ensemencement Orana se posa sur la planète sans nom. À cette époque, l’humanité s’était répandue très largement et très loin. Le quart de la Galaxie avait été exploré et colonisé. La Terre n’était plus surpeuplée. Il y avait encore une émigration. Mais ce n’était plus le flot des siècles précédents, tout au plus un mince filet. Certains des mondes colonisés avaient, à leur tour, leurs émigrants. L’espèce humaine ne voulait pas s’entasser à nouveau. Les hommes estimaient maintenant que les taudis monstrueux engendrés par le surpeuplement n’avaient aucune raison d’être.
